Nommer ses fichiers et ses dossiersNommer ses fichiers et ses dossiers
TRA2600 S2 · in classS2 · en classe
Ce qui vaut pour tous vos fichiers
Ces règles ne concernent pas que Wordfast, ni même que la traduction. Elles s’appliquent à tout ce que vous rangez sur un ordinateur, et elles valent la peine d’être prises une fois pour toutes.
Ni espaces, ni accents, ni caractères spéciaux
Un espace coupe un chemin en deux dans un terminal ou dans un script. Les accents, les apostrophes et les parenthèses ne survivent pas toujours au passage d’un système à l’autre, ni à un envoi par courriel ou par serveur. Wordfast en fait partie assez souvent pour que la précaution vaille la peine.
| À éviter | À préférer | Pourquoi |
|---|---|---|
Mon fichier final.docx | mon_fichier_v3.docx | Deux espaces, et un « final » qui ne l’est jamais |
Traduction (version 2).docx | traduction_v2.docx | Les parenthèses ont un sens pour beaucoup d’outils |
Rapport été 2026.docx | rapport_ete_2026.docx | L’accent peut arriver déformé chez votre client |
Séparer les mots sans espace
Trois conventions se partagent l’usage. On les désigne par leur nom anglais, en français comme ailleurs.
- camelCase :
guideUtilisateur. Chaque mot après le premier prend une majuscule. Avec une majuscule initiale aussi, on parle de PascalCase. - snake_case :
guide_utilisateur. Les mots sont séparés par un tiret bas. - kebab-case :
guide-utilisateur. Les mots sont séparés par un trait d’union. C’est la convention des adresses web.
Le cours écarte camelCase, et la raison tient à un détail qui surprend : la
casse n’est pas fiable d’un système à l’autre. Windows et macOS traitent en
général Guide.docx et guide.docx comme un seul et même fichier, Linux et
beaucoup de serveurs comme deux fichiers différents. Une convention qui compte
sur les majuscules pour séparer les mots compte donc sur quelque chose qui
change de sens selon la machine.
Entre le tiret bas et le trait d’union, en revanche, aucun des deux ne l’emporte,
et c’est justement ce qui permet de leur donner chacun un rôle : le tiret bas
sépare les champs, le trait d’union sépare les mots à l’intérieur d’un champ.
2609_TradTech_fr-en_guide-utilisateur se lit alors en quatre morceaux qui
tiennent chacun ensemble : la date, le client, la paire de langues, le travail.
Une date se lit du plus grand au plus petit
Une date dans un nom sert à retrouver un travail passé, et elle ne le fait vraiment que si le dossier se classe tout seul dans l’ordre chronologique. Ce n’est le cas que si l’année vient en premier, puis le mois, puis le jour, parce qu’un dossier trie les noms caractère par caractère.
2026-09-07 se range donc au bon endroit, et 07-09-2026 range ensemble tous
les 7 du mois, quel que soit le mois.
L’ordre inverse est aussi ambigu : 07-09-2026 se lit 7 septembre ici et
9 juillet aux États-Unis. Du plus grand au plus petit, la question ne se pose
plus.
La forme courte 260907, deux chiffres pour l’année, deux pour le mois, deux
pour le jour, se trie exactement comme la forme longue et prend moitié moins de
place ; elle se lit en revanche moins vite, et rien ne la distingue d’un autre
nombre à six chiffres. Pour un projet, qui dure des jours ou des semaines, le
jour n’apporte rien et 2609 suffit. Ce qui compte est de s’en tenir à une
seule forme.
Au début ou à la fin du nom
Une date ou un numéro de version peut se placer à l’une ou l’autre extrémité, et ce choix décide de ce que le dossier regroupe. Au début, il classe tous vos fichiers dans l’ordre du temps, quel que soit le document. À la fin, il regroupe d’abord par document et range les versions de chacun ensemble.
Aucune des deux n’est meilleure. La première répond à « qu’est-ce que je faisais en mars », la seconde à « quelle est la dernière version du guide ».
« final » n’est pas un numéro de version
La première version qui porte ce nom est rarement la dernière, et la suivante finit par s’appeler « final2 ». Un numéro s’incrémente et une date se lit ; « final » ne fait ni l’un ni l’autre.
Ce qu’un nom dit dans un projet de traduction
Ce qu’on veut lire sans ouvrir le fichier
Supposons que vous rouvriez un dossier six mois après y avoir travaillé la dernière fois. Voici ce que vous voulez pouvoir lire sans ouvrir un seul fichier :
- le client, parce que c’est ainsi que vous cherchez un travail passé ;
- la direction de traduction,
fr-enouen-fr, parce que le même document existe souvent dans les deux sens et que rien d’autre ne les distingue ; - la date, qui situe le travail et classe le dossier ;
- le travail lui-même, en un ou deux mots ;
- l’état du fichier dès qu’il en existe plusieurs versions :
v2,revise,livre.
Cette liste suit ce qui varie chez vous. Un traducteur indépendant a beaucoup de clients, donc le client mérite sa place ; un traducteur salarié n’en a qu’un, et ce qui change d’un mandat à l’autre est plutôt le service ou le produit.
Ce que cela donne chez TradTech
| Ressource | Nom | Ce que le nom porte |
|---|---|---|
| Le projet | 2609_TradTech_fr-en_guide-utilisateur | la date, le client, la direction, le travail |
| La mémoire | TradTech_TM_fr-en | le client, le type, la paire de langues |
| La base terminologique termbasebase terminologique terminologyterminologie A database of terminological entries organized by concept, grouping the terms of several languages with metadata such as definitions, domains and usage status.Base de données d'entrées terminologiques organisée par concept, contenant les termes de plusieurs langues et des métadonnées comme des définitions, des domaines et des marques d'usage. | TradTech_TB_fr-en | la même chose |
| Le fichier livré au client | 2609_TradTech_guide-utilisateur_en.docx | tout, parce qu’il quitte le dossier |
Le projet porte une date parce qu’il correspond à un moment : un mandat, livré une fois. La mémoire et la base terminologique n’en portent pas parce qu’elles n’appartiennent à aucun moment : elles servent d’un travail au suivant, et les dater ne figerait que le jour où vous les avez créées, qui n’apprend rien à personne.
Jusqu’où répéter
Tout se joue sur une seule question : le fichier reste-t-il là où vous l’avez rangé ?
| Les fichiers qui restent chez vous | Les fichiers qui circulent |
|---|---|
| Vous les lisez toujours à côté de leur dossier. | Ils sont livrés, transférés, ouverts par quelqu’un d’autre, retrouvés par une recherche. Le dossier ne les suit pas. |
| Leur nom ne porte que ce que le dossier ne dit pas déjà ; répéter le reste est du bruit. | Leur nom porte tout ce qui les identifie. |
En traduction, c’est le second cas qui domine. Vous livrez par courriel, le client range votre fichier parmi ses téléchargements, et vous le cherchez six mois plus tard dans une boîte de recherche. Répéter le client, la direction et la date coûte alors quelques caractères et rend le fichier retrouvable : c’est une redondance qui se défend.
Ce qui arrête la liste, c’est ce qui ne distingue plus rien. Ajoutez un
champ tant qu’il sépare deux fichiers que vous pourriez confondre, et
arrêtez-vous là. C’est toute la différence entre un nom complet et
guide_final_v2_corrections_vraiment_final.docx.
L’extension donne le format, pas le rôle
Écrire docx juste avant le point n’apprend rien à personne. En revanche, deux
fichiers .docx d’un même dossier peuvent être la source et la cible, et là un
mot est nécessaire : guide_source.docx à côté de guide_en.docx.
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