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Laisser venir « on la retraduit ». Le point à faire ressortir n’est pas la perte de temps, c’est l’incohérence : deux formulations pour une même phrase dans un même manuel. La page 1 part exactement de là.
Enchaîner sur la définition, puis sur ce que la mémoire ne comprend pas.
Vous traduisez un manuel d’entretien de pompes. À la page 12, vous traduisez « Vérifiez les joints après le premier essai. » À la page 47, la même phrase revient, mot pour mot. Sans outil, vous la retraduisez, probablement un peu autrement, et le manuel dit deux choses là où il devrait en dire une.
Avec un outil de TAO, c’est vous qui travaillez autrement. Quand vous avez validé votre traduction à la page 12, l’outil l’a gardée. À la page 47, il vous la repropose, et vous décidez si elle convient.
Ce qu’elle contient
Une paire par entrée : une phrase dans la langue source, sa traduction dans la langue cible. C’est tout. Autour de chaque paire, l’outil range des informations de service : la date, la personne qui a validé, le projet ou le client, parfois le domaine.
Ce qu’elle ne comprend pas
Elle ne contient ni règle de grammaire, ni dictionnaire, ni modèle de langue. C’est ce qui la sépare de la traduction automatique machine translation (MT)traduction automatique (TA) translationtraduction The use of a computer system to produce content in a target language that conveys content expressed in a source language.Utilisation d'un système informatique pour produire, dans une langue cible, un contenu qui rend un contenu exprimé dans une langue source. .
La mémoire compare des suites de caractères. Elle mesure à quel point deux phrases se ressemblent, sans savoir ce qu’elles disent.
- « Vérifiez les joints après le premier essai » et « Vérifiez les joints après le deuxième essai » : un seul mot change, et c’est celui qui porte l’information. L’outil annonce une ressemblance très élevée.
- « Vérifiez les joints après le premier essai » et « Après le premier essai, vérifiez les joints » : même sens, mots déplacés. L’outil les trouve assez différentes.
D’où vient le texte proposé
Quand vous traduisez dans un outil de TAO, et selon la façon dont il est configuré, l’outil vous propose une traduction pour chaque phrase. D’où elle vient change ce qu’il faut y vérifier.
- De la mémoire : une traduction humaine antérieure, peut-être la vôtre, de cette phrase ou d’une phrase semblable. Sans phrase semblable enregistrée, pas de proposition.
- De la traduction automatique : une phrase calculée au moment où vous l’ouvrez, par un système entraîné sur de grandes collections de traductions humaines. Elle répond pour n’importe quelle phrase, sans garantie.
Dans les deux cas, la proposition est à vérifier.
Ce que cela change en pratique
| Mémoire de traduction | Traduction automatique | |
|---|---|---|
| D’où vient la proposition | d’une traduction écrite et validée par une personne dans un projet antérieur | d’un système qui la calcule au moment où vous ouvrez la phrase |
| Devant une phrase que personne n’a encore traduite | rien : la case reste vide | une proposition quand même |
| Ce que l’outil vous indique sur la proposition | un pourcentage de ressemblance avec la phrase stockée | rien sur sa fiabilité |
| Si la même phrase revient deux fois | la même proposition | pas nécessairement la même |
| L’erreur typique de ce système | une traduction correcte ailleurs, mais qui ne convient pas ici | une phrase qui se lit bien, mais qui ne dit pas ce que dit la source |
| Ce qu’il faut faire de la proposition | la vérifier ; si elle ne convient pas, se demander s’il faut aussi corriger la mémoire | la vérifier : c’est ce qu’on appelle la postédition post-editingpostédition machine translationtraduction automatique The human correction of raw machine translation output; the counterpart, for machine translation, of revision in human translation.Correction humaine de la sortie brute d'une traduction automatique ; l'équivalent, pour la traduction automatique, de l'étape de révision en traduction humaine. |
Une erreur ne ressemble pas à l’autre
- La mémoire vous rend le plus souvent une traduction correcte ailleurs, déplacée ici : elle a trouvé une phrase source qui ressemble à la vôtre sans dire la même chose. Ce qui est stocké n’est pas garanti juste pour autant : une traduction validée par une personne peut être fautive, et la mémoire la ressort telle quelle.
- La traduction automatique produit une phrase qui ne vient d’aucune traduction existante. Avec les systèmes actuels, sur une paire de langues aussi bien outillée que l’anglais et le français et sur des textes courants, ce qui reste d’erreurs se lit bien : il faut comparer à la source pour le voir. Des erreurs plus visibles arrivent encore, mais elles se sont raréfiées.
Et le glossaire dans tout cela
Dans un outil de TAO, trois ressources répondent en même temps :
- la mémoire, des phrases entières que vous avez traduites ;
- la base terminologique, des termes isolés avec leur équivalent ;
- la traduction automatique, une proposition fabriquée sans rien connaître de vos traductions passées.
Le tableau est le cœur de ce passage. Faire lire la deuxième ligne à voix haute : devant une phrase que personne n’a traduite, la mémoire ne propose rien, la traduction automatique propose quand même quelque chose.
L’encadré sur MT, TM et TA : leur demander lequel des deux sigles ils rencontreront dans une offre d’emploi en anglais.
Entre le texte que vous recevez et le fichier que vous livrez, l’outil de TAO et vous faites six choses. Les deux premières ont lieu une seule fois, sur le fichier entier ; les quatre autres se répètent pour chaque segment.
Click the drawing, or a line below, to build it up stage by stage. Cliquez sur le dessin, ou sur une ligne ci-dessous, pour le construire étape par étape.
Le circuit se referme
Les deux flèches vers la mémoire vont dans des sens opposés et n’ont pas lieu au même moment. La première part avant que vous ne voyiez le segment : l’outil a déjà cherché quand la ligne s’affiche. Selon le réglage, il peut aussi avoir rempli les propositions d’avance, pour tout le fichier, ce qu’on appelle la prétraduction. La seconde flèche part quand vous validez, et elle écrit dans la mémoire ce que vous venez d’accepter.
La mémoire dans laquelle l’outil cherche au segment 200 n’est donc plus celle du segment 1 : elle contient entre-temps tout ce que vous y avez mis. Sur un document où les phrases se ressemblent, le circuit devient utile bien avant la fin du fichier. Des propositions remplies d’avance, elles, ne profitent pas de ce que vous traduisez ensuite.
Projeter la phrase du tableau de découpage et la faire couper par la salle avant de montrer les deux résultats. « M. Tremblay a signé. » suffit : quelqu’un proposera toujours de couper au premier point.
Un fichier ouvert dans un outil de TAO ne s’affiche pas comme un texte suivi. Il s’affiche comme un tableau : une ligne par morceau de texte, la source à gauche, la place de votre traduction à droite. Cette segmentation a eu lieu à l’import, avant que vous n’écriviez quoi que ce soit.
Pourquoi le segment décide de tout
Le segment est l’unité de travail de l’outil : c’est par segment qu’il enregistre, qu’il cherche, qu’il compte et qu’il vous propose une correspondance. Le devis d’un projet se chiffre lui aussi en segments.
Pour qu’une mémoire serve à quelque chose, il faut beaucoup de correspondances et des correspondances fiables. La taille des segments décide des deux.
- Trop grands, ils ne reviennent presque jamais. Si l’outil enregistrait des paragraphes entiers, il serait rare d’en revoir un identique.
- Trop petits, ils reviennent souvent mais ne portent plus assez de contexte. Si l’outil enregistrait des mots isolés, ses propositions varieraient tellement d’un contexte à l’autre qu’elles n’aideraient plus.
D’où le compromis : une phrase, un titre, ou un autre fragment de texte isolé.
Segment et unité de traduction sont donc deux choses différentes. Un segment est un morceau d’un texte, dans une seule langue. Une unité de traduction est le couple formé par un segment source et le segment cible que vous lui avez donné. Le fichier que vous traduisez contient des segments ; la mémoire, elle, contient des unités de traduction.
La segmentation n’est pas évidente
La règle de base est simple : une phrase, un segment. Les difficultés commencent aux détails.
- Un point ne termine pas toujours une phrase. « M. Tremblay a signé. » contient deux points et une seule phrase. Les outils tiennent donc une liste d’abréviations par langue, et cette liste se règle.
- Certains segments ne sont pas des phrases du tout : un titre, une cellule de tableau, un élément de menu, une légende. La structure du document intervient donc autant que la ponctuation, et deux outils peuvent segmenter le même texte un peu différemment.
- La segmentation n’est pas toujours celle qu’il vous faut. Deux phrases françaises rendues par une seule phrase anglaise se traduisent mieux dans un seul segment, ce qui demande de fusionner deux segments dans l’éditeur, en général à l’intérieur d’un même paragraphe.
Quand vous traduisez dans un outil de TAO branché sur une mémoire de traduction, la recherche dans la mémoire se fait de deux façons, selon le réglage : l’outil remplit les propositions pour tout le fichier avant que vous ne commenciez, ou il ne cherche qu’au moment où vous ouvrez un segment. Dans les deux cas, cette recherche donne l’un de quatre résultats (voir la Figure 6figure 6).
Ces quatre cas vont du moins utile au plus fiable. C’est aussi l’ordre dans lequel vous les rencontrerez dans un projet neuf, où tout commence sans correspondance et où les autres apparaissent à mesure que la mémoire se remplit.
Les quatre types, en une phrase chacun, avant d’entrer dans le détail. Ne garder que deux pages projetées ici, la partielle et le 100 % : ce sont les deux où l’on se trompe.
Quand la mémoire ne contient aucun segment assez proche de celui que vous ouvrez, elle ne propose rien : la case cible reste vide, et vous traduisez comme vous le feriez sans outil. C’est le cas le plus simple, et le seul qui ne demande rien de particulier.
Au début d’un projet, avec une mémoire neuve, c’est ce qui arrive à presque tous les segments. Cela ne veut pas dire que l’outil ne sert à rien : chaque segment que vous validez entre dans la mémoire, et les correspondances commencent à apparaître dans le document même que vous êtes en train de traduire.
Le seuil
« Assez proche » n’est pas une notion vague : c’est un nombre réglable, en général autour de 70 %. Sous ce seuil, l’outil ne propose rien, pour la raison suivante : corriger une proposition trop éloignée coûte plus de temps que d’écrire la traduction directement. En dessous d’un certain degré de ressemblance, une proposition n’est plus une aide, mais une lecture de plus.
Combien de correspondances espérer
Une mémoire à vous met du temps à devenir utile : elle ne contient que ce que vous y avez mis. Ce que vous obtenez ensuite dépend de la ressemblance entre le nouveau texte et ceux qui sont déjà dedans.
- Vos premiers projets se traduisent presque entièrement à neuf.
- Un texte d’un autre client, dans un autre domaine en donne peu, quel que soit le volume accumulé.
- La nouvelle version d’un document déjà traduit est le cas le plus favorable : l’essentiel du texte n’a pas bougé, et la mémoire répond sur la plus grande partie du fichier.
- Une mémoire venue d’ailleurs en ajoute sans que vous ayez eu à la produire : celle d’un client, celle d’une collègue, ou une mémoire tirée de corpus parallèles parallel corpuscorpus parallèle corporacorpus A corpus of texts in one language together with their translations into one or more other languages, usually aligned sentence by sentence so that each segment can be viewed next to its equivalent.Corpus de textes dans une langue accompagnés de leurs traductions vers une ou plusieurs autres langues, généralement alignés phrase par phrase de façon à afficher chaque segment en regard de son équivalent. publics comme ceux rassemblés dans OPUS (Tiedemann, 2012). Ce qu’elle vaut pour votre projet dépend de l’endroit d’où elle vient, et c’est une décision de traduction (see also: Choisir ses mémoires) (voir aussi : Choisir ses mémoires).
Des quatre réponses possibles, c’est celle qui demande le plus d’attention. L’outil vous signale ce qui diffère entre les deux segments sources, et vous reportez la différence dans la traduction.
D’où vient le pourcentage
L’outil de TAO compare le segment source stocké à celui que vous traduisez, et compte ce qu’il faudrait changer pour passer de l’un à l’autre : des mots ajoutés, supprimés ou remplacés. Le pourcentage est ce compte rapporté à la longueur du segment.
Le calcul n’est pas le même partout. Certains outils comptent les mots, d’autres les caractères, et chacun applique ses propres pénalités quand ce qui diffère est une majuscule, une ponctuation, un nombre ou une balise tagbalise markupbalisage A marker that delimits and identifies an element in a markup document, usually working as a pair: an opening tag and a closing tag around the content they label.Marqueur qui délimite et identifie un élément dans un document balisé, fonctionnant généralement par paire : une balise ouvrante et une balise fermante autour du contenu qu'elles désignent. . Le même couple de segments peut donc recevoir un pourcentage différent d’un logiciel à l’autre ; un pourcentage se compare à l’intérieur d’un outil, pas d’un outil à l’autre.
Ce que le pourcentage mesure, et ce qu’il ne mesure pas
Il mesure une ressemblance de forme, et rien d’autre. Il ne dit pas si l’écart est important.
Une correspondance à 95 % dont le seul mot différent est « ne pas » demande une correction essentielle : l’outil vous propose l’inverse de ce qu’il faut écrire. Une correspondance à 80 % dont l’écart tient à un complément déplacé peut n’en demander aucune. Le chiffre ne fait pas la différence entre les deux, et vous, oui.
Trois exemples réels
Poussé à bout, ce calcul donne des propositions qui n’ont plus rien à voir avec le segment à traduire. Les trois ci-dessous viennent de vrais projets, du français vers le néerlandais, et ont circulé dans un groupe de traducteurs et traductrices.
La troisième est la plus instructive : « Ja, dat kan! » veut dire « Oui, c’est possible ! », soit le contraire exact du segment à traduire.
Aucune de ces propositions n’est un défaut de l’outil. Chacune est la bonne réponse à la question qu’il se pose, qui est « quel segment stocké ressemble le plus à celui-ci, lettre pour lettre ». La question du sens ne lui est jamais posée, et il n’aurait pas les moyens d’y répondre.
S’arrêter sur les trois exemples réels. Demander à la salle ce que « Ja, dat kan ! » veut dire avant de le traduire : personne ne devine que c’est le contraire exact du segment source, et c’est là que le pourcentage perd sa crédibilité.
L’outil de TAO insère la traduction stockée et passe au segment suivant. Il n’y a rien à corriger en apparence, et une proposition qui ne demande rien est une proposition qu’on relit peu.
Pourquoi relire quand même
Le segment est le même. Ce qui l’entoure ne l’est pas nécessairement, et une phrase ne se traduit pas indépendamment de sa place.
- La même phrase peut être un titre dans un document et une ligne de tableau dans un autre, ce qui change la majuscule, la ponctuation finale et parfois la tournure.
- Elle peut reprendre un antécédent qui a changé : « Il est conforme à la norme » ne se traduit pas de la même façon selon ce dont parlait la phrase précédente.
- Elle peut venir d’un document dont le registre ou le public n’est pas celui du vôtre.
La mémoire ne sait rien de tout cela. Elle a comparé un segment à un segment, et elle a trouvé qu’ils étaient identiques. C’est tout ce qu’annonce le 100 %.
Réponses attendues : le contexte autour, un antécédent qui a changé, un titre devenu ligne de tableau, un autre registre. Si personne ne trouve le domaine, l’amener avec « Check the joints » : la page « Choisir ses mémoires » est là pour cela et se lit après la séance.
Une correspondance à 100 % ne dit rien de ce qui entoure le segment. La correspondance en contexte tient compte de cet entourage : si le segment qui précède et celui qui suit sont eux aussi les mêmes, la traduction stockée a été écrite pour cette phrase à cet endroit-là, et le risque qu’elle ne convienne pas ici devient faible.
Le cas demande un texte très proche de ce qui est en mémoire : une nouvelle version d’un manuel, d’un contrat type ou d’un site dont la plupart des passages n’ont pas bougé d’une version à l’autre.
Comment la reconnaître dans votre outil
Les outils ne se sont pas entendus : les uns affichent un chiffre au-dessus de 100 %, d’autres un sigle, une icône ou une couleur, et le nom change d’un logiciel à l’autre. Ce qu’il faut savoir dès maintenant, c’est que la différence avec une correspondance à 100 % exact matchcorrespondance exacte CAT toolsTAO A translation-memory match in which the stored source segment is identical to the segment being translated, character for character, so the tool can insert the stored translation as it is.Correspondance de mémoire de traduction dans laquelle le segment source stocké est identique, caractère pour caractère, au segment à traduire, de sorte que l'outil peut insérer la traduction stockée telle quelle. ne porte pas sur la traduction proposée, qui peut être la même : elle porte sur ce que vous avez à vérifier avant de valider.
Au premier projet, la mémoire est vide : elle ne peut rien proposer tant que vous n’y avez rien mis. Elle se remplit à mesure que vous validez des segments, et par alignement de documents déjà traduits.
En traduisant
Vous traduisez un segment, vous le validez, et la paire entre dans la mémoire comme unité de traduction. Sur un document où les phrases se ressemblent, cela se voit dès la deuxième page.
Valider un segment et passer au segment suivant sont deux actions différentes : cliquer sur la ligne d’en dessous vous déplace sans rien enregistrer, et seule la validation écrit dans la mémoire.
À partir de traductions existantes
Une mémoire peut aussi être remplie d’un coup, par alignement alignment²alignement CAT toolsTAO The process of pairing a source text with an existing translation of it, segment by segment, so that the pairs can be stored as translation units in a translation memory.Opération qui consiste à apparier un texte source et une traduction déjà existante de ce texte, segment par segment, afin d'en stocker les paires comme unités de traduction dans une mémoire de traduction. : l’opération apparie un texte source et sa traduction, segment par segment, et produit des unités de traduction qui se rangent dans la mémoire comme les autres.
Ce qu’on aligne : vos traductions antérieures, celles d’un collègue, les documents bilingues d’un client.
Ce que la mémoire devient avec le temps
Une mémoire contient ce qu’on y a mis, y compris les erreurs : une traduction approximative validée un mardi ressort les mois suivants, avec l’autorité que donne un affichage à 100 %.
Le désordre ne vient pas que des erreurs. Sur quatre mémoires d’entreprise réelles, de 22 000 à 300 000 unités de traduction (Moorkens, 2011) :
- des segments qui ne diffèrent que par une majuscule, une espace, une ponctuation ou une balise inline tagbalise interne CAT toolsTAO A marker inside a segment standing for formatting or a code of the original document, a bold run or a footnote reference for instance, rather than for text to translate.Marqueur placé à l'intérieur d'un segment qui représente une mise en forme ou un code du document d'origine, par exemple un passage en gras ou un appel de note, et non du texte à traduire. avaient reçu des traductions franchement divergentes, à des années d’intervalle ;
- la différence la plus fréquente entre deux segments presque identiques était une simple majuscule.
Deux conséquences, dès maintenant
- Corrigez la mémoire, pas seulement le segment. Quand une proposition ne convient pas parce que ce qui est enregistré est fautif, corrigez la mémoire tout de suite si l’outil vous le permet, sinon notez-le très clairement. Corriger seulement le segment du projet en cours laisse l’erreur en place pour le projet suivant.
- Gardez des mémoires séparées quand les projets n’ont rien à voir : les phrases d’un client de machinerie n’ont aucune raison de ressortir dans une traduction juridique.
Le reste est de l’entretien : repérer les doublons, retirer les segments dépassés, corriger les découpages ratés. Cela se fait dans l’écran de gestion des mémoires.
Insister sur la validation : cliquer sur la ligne du dessous ne sauvegarde rien. C’est le premier raccourci clavier à apprendre, et ils l’utiliseront à la séance 2.
L’étude de Moorkens : quatre mémoires d’entreprise, et la différence la plus fréquente entre deux segments presque identiques est une simple majuscule.
Un même segment source anglais peut avoir été traduit correctement de deux façons, dans deux mémoires venues de domaines différents. Les deux répondent à 100 %, et la mémoire ne peut pas savoir laquelle convient à votre projet : elle a comparé un segment à un segment.
C’est le cas le plus difficile à repérer, parce que cette proposition-là ne demande rien : elle arrive complète, sans mot souligné et sans pourcentage inquiétant, là où une correspondance partielle fuzzy matchcorrespondance partielle CAT toolsTAO A translation-memory match in which the stored source segment resembles the segment being translated without being identical to it, reported as a percentage below 100. The comparison is made segment by segment, so the percentage measures the distance between two segments as segmentation produced them, not between two texts.Correspondance de mémoire de traduction dans laquelle le segment source stocké ressemble au segment à traduire sans lui être identique, exprimée en pourcentage inférieur à 100. La comparaison se fait segment par segment : le pourcentage mesure donc la distance entre deux segments tels que la segmentation les a produits, et non entre deux textes. vous force à lire. Et la traduction fautive a été validée par quelqu’un, correctement, pour un autre texte.
Ce que vous branchez sur un projet
Une mémoire n’est donc pas un réglage à cocher au moment de créer le projet. Avant de l’attacher, trois questions :
- D’où viennent ses textes ? Un client, un domaine, un type de document, ou un mélange dont personne ne se souvient.
- Qui les a validés ? Une traduction stockée a été acceptée par quelqu’un, dans des conditions que vous ne connaissez pas.
- Est-ce qu’ils ressemblent au vôtre ? Un manuel technique et une brochure du même client ne parlent pas de la même façon.
Une mémoire faite de textes proches du vôtre vous fait gagner du temps. Une mémoire faite d’autre chose vous en fait perdre, surtout quand elle propose quelque chose : une mémoire muette vous laisse traduire, une mémoire hors domaine vous fait relire et corriger.
Ce que vous y gagnez
Trois choses.
- De la cohérence : la même phrase ressort de la même façon d’un projet à l’autre et d’un mois à l’autre.
- De la vitesse sur les textes qui se ressemblent.
- Moins de travail répétitif, ce qui est autre chose que de la vitesse. Retraduire à la main la vingtième occurrence d’un avertissement de sécurité n’apprend rien à personne.
Ce que vous y perdez
Une mémoire demande de l’entretien, et elle ne rend rien tant qu’elle ne contient pas de textes proches du projet en cours. À cela s’ajoute une courbe d’apprentissage : le temps passé à comprendre l’outil est du temps qui n’est pas passé à traduire.
Ce que la mémoire change à ce que vous êtes payé
Un projet ne se compte plus seulement en mots : il se compte en mots par type de correspondance, tant de segments sans correspondance, tant de correspondances partielles par tranche, tant à 100 %. Les agences appliquent une grille dégressive sur ce décompte, et ce que vous facturez dépend donc autant de la mémoire branchée sur le projet que du texte à traduire.
Cette grille se négocie. Une correspondance à 100 % exact matchcorrespondance exacte CAT toolsTAO A translation-memory match in which the stored source segment is identical to the segment being translated, character for character, so the tool can insert the stored translation as it is.Correspondance de mémoire de traduction dans laquelle le segment source stocké est identique, caractère pour caractère, au segment à traduire, de sorte que l'outil peut insérer la traduction stockée telle quelle. demande une relecture, puisque le segment est identique et que son entourage ne l’est pas forcément. Une grille qui la paie zéro fait porter ce temps-là par vous, et c’est l’argument à faire valoir : une proposition qui se vérifie est du travail.
Le coût qu’on voit le moins : la segmentation
L’écran vous présente une phrase à la fois. C’est ce qui rend la réutilisation possible, et c’est aussi ce qui éloigne du texte comme ensemble : le registre, la progression thématique, la reprise d’un antécédent, le rythme d’un paragraphe ne se lisent dans aucun segment isolé.
Le tableau ci-dessous rassemble des segments anglais dont la traduction française n’est pas décidable telle quelle. Chaque fois, ce qui tranche se trouve ailleurs.
| Segment source | Traductions possibles | Ce qui tranche, et où cela se trouve |
|---|---|---|
| The client has signed. | Le client a signé. / La cliente a signé. | Le genre de la personne. Nulle part dans ce segment. |
| The doctor is not convinced. | Le médecin n’est pas convaincu. / La médecin n’est pas convaincue. | Le même problème, avec l’accord de l’attribut en plus. |
| Your order has been processed. | Votre commande a été traitée. / Votre ordre a été exécuté. | Le domaine du document : commerce ou finance. |
| Please confirm before Friday. | Veuillez confirmer avant vendredi. / Confirme avant vendredi. | Le registre, fixé pour le document entier. |
| They arrived late. | Ils sont arrivés en retard. / Elles sont arrivées en retard. | Le référent, souvent plusieurs segments plus haut. |
Une mémoire qui vous propose une de ces traductions à 100 % la propose parce que le segment source est identique, et pour aucune autre raison. Elle ne peut pas savoir que le client de la page 3 est une cliente à la page 40.
Le tableau des segments ambigus de « Ce qu’on y gagne » est l’exercice qu’on fait ensemble ; leur demander de ne pas lire la troisième colonne. Si le temps manque, dire en séance quelles pages de la fin se lisent à la maison : rien n’est décidé d’avance dans le deck.
Enchaîner sur l’installation de Wordfast, qui ferme la séance.
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