La correspondance partielleLa correspondance partielle
Des quatre réponses possibles, c’est celle qui demande le plus d’attention. L’outil vous signale ce qui diffère entre les deux segments sources, et vous reportez la différence dans la traduction.
D’où vient le pourcentage
L’outil de TAO compare le segment source stocké à celui que vous traduisez, et compte ce qu’il faudrait changer pour passer de l’un à l’autre : des mots ajoutés, supprimés ou remplacés. Le pourcentage est ce compte rapporté à la longueur du segment.
Le calcul n’est pas le même partout. Certains outils comptent les mots, d’autres les caractères, et chacun applique ses propres pénalités quand ce qui diffère est une majuscule, une ponctuation, un nombre ou une balise tagbalise markupbalisage A marker that delimits and identifies an element in a markup document, usually working as a pair: an opening tag and a closing tag around the content they label.Marqueur qui délimite et identifie un élément dans un document balisé, fonctionnant généralement par paire : une balise ouvrante et une balise fermante autour du contenu qu'elles désignent. . Le même couple de segments peut donc recevoir un pourcentage différent d’un logiciel à l’autre ; un pourcentage se compare à l’intérieur d’un outil, pas d’un outil à l’autre.
Ce que le pourcentage mesure, et ce qu’il ne mesure pas
Il mesure une ressemblance de forme, et rien d’autre. Il ne dit pas si l’écart est important.
Une correspondance à 95 % dont le seul mot différent est « ne pas » demande une correction essentielle : l’outil vous propose l’inverse de ce qu’il faut écrire. Une correspondance à 80 % dont l’écart tient à un complément déplacé peut n’en demander aucune. Le chiffre ne fait pas la différence entre les deux, et vous, oui.
Trois exemples réels
Poussé à bout, ce calcul donne des propositions qui n’ont plus rien à voir avec le segment à traduire. Les trois ci-dessous viennent de vrais projets, du français vers le néerlandais, et ont circulé dans un groupe de traducteurs et traductrices.
La troisième est la plus instructive : « Ja, dat kan! » veut dire « Oui, c’est possible ! », soit le contraire exact du segment à traduire.
Aucune de ces propositions n’est un défaut de l’outil. Chacune est la bonne réponse à la question qu’il se pose, qui est « quel segment stocké ressemble le plus à celui-ci, lettre pour lettre ». La question du sens ne lui est jamais posée, et il n’aurait pas les moyens d’y répondre.
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Sources
- Bowker, L. (2002). Computer-Aided Translation Technology: A Practical Introduction. University of Ottawa Press. https://doi.org/10.1353/book6554
- Bowker, L., & Fisher, D. (2010). Computer-aided translation. Handbook of Translation Studies (John Benjamins Publishing Company). https://doi.org/10.1075/hts.1.comp2